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dimanche 23 juillet 2006, 9h45 Abou Ghraïb n'était pas un cas isolé, selon Human Rights Watch
agrandir la photoWASHINGTON (Reuters) - Les sévices infligés à des détenus irakiens étaient généralisés et pratiqués de manière routinière par leurs gardes américains, affirme l'organisation Human Rights Watch qui s'appuie notamment sur les témoignages d'anciens soldats des forces américaines en Irak. L'association américaine estime que son rapport discrédite les arguments avancés par l'administration Bush lorsque le scandale d'Abou Ghraïb a éclaté, en avril 2004. Les autorités américaines évoquaient alors des cas isolés, des comportements individuels déviants et des soldats agissant de leur propre initiative, en dehors des procédures et à l'insu de leur hiérarchie. Le rapport de Human Rights Watch - "No Blood, No Foul: Soldiers' Accounts of Detainee Abuse in Iraq" (Pas de sang, pas de bavure: Récits de soldats sur les sévices infligés aux détenus en Irak) - affirme lui que les sévices infligés (privation de sommeil, agressions physiques, positions de stress) étaient au contraire des pratiques courantes. "Ces témoignages contredisent les affirmations du gouvernement américain selon lesquelles la torture et les sévices en Irak n'étaient pas autorisés et constituaient des exceptions. Ils montrent, au contraire, que ces techniques étaient admises et utilisées régulièrement", a déclaré John Sifton, auteur du rapport et responsable de la recherche sur le terrorisme et le contre-terrorisme à Human Rights Watch. Au département de la Défense, un porte-parole a maintenu la position officielle: les pratiques pénitentiaires de l'armée américaine en Irak ont fait l'objet de douze études critiques et aucune n'a révélé que le Pentagone avait fermé les yeux, guidé ou encouragé de tels abus, a-t-il dit. "Les normes de traitement des détenus sous la garde du département de la Défense sont et ont toujours été des normes humaines", a ajouté le colonel Mark Ballesteros. "INTERROGATION RULES OF ENGAGEMENT" L'étude de Human Rights Watch porte sur le comportement des forces américaines jusqu'en avril 2004 dans trois centres de détention en Irak: le camp Nama, dans l'enceinte de l'aéroport de Bagdad dont les détenus, écrit HRW, n'étaient pas enregistrés auprès du CICR; une base proche d'Al Kaïm, sur la frontière syrienne; et un centre à Mossoul, dans le nord de l'Irak. Dans son récit, Tony Lagouranis, ancien militaire chargé de mener des interrogatoires, assure que les "techniques abusives" étaient monnaie courante au centre de détention de Mossoul, où il a été affecté entre février et avril 2004. En mars 2004, poursuit-il, alors qu'il fait part de ses inquiétudes à son supérieur, ce dernier lui remet une carte recensant les "Interrogation Rules of Engagement", les techniques d'interrogatoire autorisées: recours à des maîtres-*****s, exposition des détenus à des températures élevées ou très basses, privations de sommeil, exercices physiques excessifs ou manipulation des sens (au moyen de lumières stroboscopiques, par exemple). "On a dit aux soldats que les Conventions de Genève ne s'appliquaient pas et que les interrogateurs pouvaient recourir à des méthodes violentes pour faire parler les détenus", affirme John Sifton. |
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dimanche 23 juillet 2006, 13h08
Les sévices se sont poursuivis en Irak même après le scandale d'Abou Ghraïb, selon Human Rights Watch NEW YORK (AP) - Les tortures et autres sévices sur les prisonniers détenus par les Etats-Unis en Irak se sont poursuivis même après le scandale de la prison d'Abou Ghraïb en 2003, selon un rapport publié dimanche par l'organisation Human Rights Watch. Le document de 53 pages décrit les sévices infligés dans une installation interdite d'accès de l'aéroport de Bagdad et d'autres centres de détention situés en Irak. L'organisation de défense des droits de l'Homme base ses conclusions sur les témoignages de soldats qu'elle a interrogés et sur des documents déclassifiés. Selon le rapport, entre 2003 et 2005, les détenus ont été régulièrement soumis à de violents passages à tabac, forcés de demeurer dans des positions pénibles, privés de sommeil pendant de longues périodes et exposés à des températures de froid ou chaleur extrêmes. "On a expliqué aux soldats que les Conventions de Genève ne s'appliquaient pas et que les interrogateurs pouvaient recourir à des méthodes violentes pour faire parler les détenus", précise dans un communiqué John Sifton, auteur du rapport et responsable de la recherche sur le terrorisme au sein de l'organisation. "Ces témoignages contredisent les affirmations du gouvernement américain selon lesquelles la torture et les sévices en Irak n'étaient pas autorisés et constituaient des exceptions. Ils montrent, au contraire, que ces techniques étaient admises et utilisées régulièrement", poursuit-il. Les sévices les plus graves mentionnés dans le rapport concernent un peloton spécial stationné dans un centre de détention baptisé Camp Nama et situé à l'aéroport de Bagdad. Selon des témoignages de soldats, les détenus de ce lieu n'étaient pas enregistrés auprès du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ce qui constitue une violation du droit international. Là, ils étaient "régulièrement déshabillés entièrement et soumis à des passages à tabac, des exercices forcés, de longues privations de sommeil et diverses formes de traitements dégradants et humiliants", poursuit le rapport. Un interrogateur ayant servi au camp a confié que les responsables de l'unité encourageaient les brutalités. Human Rights Watch fait état de plusieurs cas où les sévices auraient été dénoncés aux responsables militaires à Bagdad et Washington mais "peu ou rien n'a été fait pour mettre un terme à ces pratiques", dénonce le rapport. L'organisation a appelé le Congrès américain à nommer une "commission indépendante et neutre" et le président George W. Bush à désigner un procureur. Un porte-parole du Pentagone, le commandant Greg Hicks, a expliqué ne pas avoir eu connaissance du rapport. Il a observé que l'armée revoyait ses procédures concernant les détenus après une décision de la Cour suprême selon laquelle les Conventions de Genève doivent s'appliquer à la lutte contre le réseau Al-Qaïda. L'administration Bush avait auparavant affirmé que certains ennemis, comme les terroristes, étaient des combattants illégaux, donc non protégés par ces règles. AP |
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