350 Actes D'automutilation !
L'ONU dénonce l'usage de la torture à Guantanamo
Cinq experts de la commission des droits de l'homme de l'ONU accusent les Etats-Unis, dans un rapport à paraître dont Le Monde a obtenu une copie, d'actes "équivalant à de la torture", de "détention arbitraire", ainsi que de "traitements inhumains" et "dégradants" sur la base militaire de Guantanamo Bay, à Cuba, où sont détenus, depuis plus de quatre ans, près de 520 prisonniers accusés de liens avec le terrorisme.
"l'usage excessif de la violence dans bien des cas durant le transport […] et l'alimentation de force des détenus en grève de la faim doivent être évalués comme équivalant à de la torture". Les auteurs s'appuient sur les témoignages d'avocats de détenus selon lesquels plusieurs grévistes de la faim subissent l'introduction par voie nasale d'épais tubes destinés à injecter de la nourriture dans leur estomac, parfois jusqu'à ce qu'ils "vomissent du sang".
350 ACTES D'AUTOMUTILATION
Les juristes onusiens estiment que "même dans des situations d'urgence ou de c.o.nflits armés" les lois relatives aux droits de l'homme s'appliquent. Selon eux, le droit des c.o.nflits armés ne s'applique pas à "la guerre c.o.ntre la terreur" revendiquée par l'administration américaine pour justifier la situation d'exception qui règne à Guantanamo Bay. Les recours juridiques offerts aux prisonniers "manquent des bases légales adéquates", jugent par ailleurs les auteurs, selon lesquels "l'exécutif américain opère en tant que juge, procureur et avocat de la défense". Dans ces c.o.nditions, "la détention de toutes les personnes à Guantanamo équivaut à une détention arbitraire", affirme le document.
Le rapport met aussi en garde Washington c.ontre "l'absence de toute enquête impartiale sur les allégations de torture", les techniques d'interrogation "fondées sur des discriminations religieuses" et "la détérioration de la santé mentale des détenus" causée par les ***ditions de détention et le maintien à l'isolement pendant des périodes pouvant aller jusqu'à dix-huit mois. Cela s'est traduit, en 2003, par "350 actes de blessures auto-infligées, des tentatives de suicide de masse et individuelles et des grèves de la faim prolongées".
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