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| Guantanamo Les prisonniers à Guantanamo |
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Courrier international - 19 oct. 2006
GUANTANAMO - Des prisonniers indésirables en Europe Guantanamo doit être fermé : régulièrement, les Etats-Unis sont interpellés sur la question de la prison américaine basée sur l'île de Cuba, où les détenus, présumés terroristes et qualifiés "d'ennemis combattants", ne jouissent pas des droits fixés par la convention de Genève. Fermer Guantanamo, certes, mais que faire des prisonniers ? D'après le Washington Post, malgré leurs appels à la fermeture de Guantanamo, plusieurs pays européens ont refusé le transfert de prisonniers sur leur territoire. "Environ 435 personnes issues d'une quarantaine de pays différents sont détenues à Guantanamo. D'après les tribunaux militaires américains, un quart d'entre elles ne posent aucun risque ou peuvent être relâchées ou transférées." Le journal américain cite l'exemple récent du Royaume-Uni, qui a refusé que dix prisonniers de Guantanamo d'origine britannique soit rapatriés sur leur territoire, car cela leur reviendrait trop cher de les maintenir sous surveillance. En effet, les Britanniques refusent d'appliquer les conditions de détention draconiennes fixées par les Américains. "D'autres gouvernements européens, qui ont été tout aussi virulents en dénonçant les atteintes aux droits de l'homme perpétrées à Guantanamo, ont refusé comme les Britanniques le transfert de prisonniers", note le journal. Le Washington Post souligne par ailleurs que les Européens ont été quasi unanimes à refuser d'accorder l'asile à plusieurs détenus chinois qui ne pouvaient être renvoyés dans leur pays en raison des risques politiques qu'ils encourent. Seul l'Albanie a accepté cinq détenus chinois, tous ouïgours musulmans. Mais 17 autres ressortissants de cette région autonome de l'ouest de la Chine demeurent à Guantanamo dans l'attente d'un pays d'accueil. |
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TORTURES ET HUMILIATIONS LEGALISEES, QUE FAIT LE MONDE??? VISITE À LA PRISON HORS LA LOI Parodie judiciaire à Guantanamo PAR YOLANDA MONGE LES iguanes de Guantanamo ont plus de droits que les détenus du goulag de notre temps. Il s’agit d’une espèce protégée, en vertu de quoi la vitesse sur les routes de la base navale est limitée à 40 km/h Si un militaire pressé, saoul ou inconscient dépasse la limite de vitesse et a le malheur d’en écraser un, il se verra infliger une amende de dix mille dollars. Nous sommes, tout au bord d’une mer idyllique, dans un centre de détention qui a totalement coupé du monde, depuis plus de quatre ans, quelque huit cents personnes. «Aujourd’hui, les détenus sont un peu plus de 430 et un peu moins de 800, le reste a été libéré», informe, énigmatique, le général Edward Leacock, chef en second de ce théâtre cauchemardesque. Les instructions sont particulièrement restrictives : laisser dehors appareil photo et magnétophone. Ne citer aucun des noms des présents. Accéder à la salle avec en main un papier et un stylo, et rien d’autre. Ne rien porter qui puisse permettre à votre interlocuteur de vous identifier. La parodie de justice orchestrée par les militaires de Guantanamo est sur le point de commencer. L’annonce lumineuse au-dessus de la porte l’indique : « Procès en cours ». A l’intérieur, tout est prêt : le fauteuil du juge, la table de la défense, celle de l’accusation, un espace pour la presse et quelques sièges supplémentaires pour d’éventuels témoins. Les murs sont blancs sans aucune fenêtre. De l’intérieur, impossible de savoir s’il fait jour ou nuit. Dehors il fait chaud et c’est bien normal puisqu’on est à Cuba. Dedans il fait un froid à vous faire claquer des dents. L’air conditionné agite les feuilles des dossiers. Le mobilier est franchement vulgaire. A chaque coin se trouve une caméra qui enregistre le procès, suivi à l’écran par d’autres militaires ou agents secrets ayant pris place dans la salle voisine. L’ensemble est présidé par le drapeau des États-Unis. «Debout», lance d’une voix martiale un lieutenant de la Marine. Le prisonnier, un homme corpulent, se lève. Au GITMO (abréviation, à l’usage des Étasuniens, de ce mot fort difficile à prononcer qu’est Guantanamo), le régime alimentaire quotidien représente 4 200 calories; sans exercice physique aucun, il y a de quoi grossir. C’est un Afghan de 27 ans qui porte une longue barbe et dont je ne puis fournir le nom puisque j’ai signé un papier m’engageant à ne pas le révéler. Le traducteur se lève, le militaire nord-américain qui représente le détenu se lève, les deux journalistes admis au cirque se lèvent aussi. «La séance est ouverte», confirme solennellement une capitaine de la Marine qui vient d’entrer et qui sera juge. Mis à part l’accusé, les journalistes et le traducteur, les autres sont des militaires qui jouent consciencieusement leur rôle de comédiens. Peu de temps avant, deux jeunes soldats, un homme et une femme, en uniforme étaient sortis de cette même salle avec aux mains des gants de plastique vert. Ils venaient d’y conduire le prisonnier et l’y avait laissé enchaîné au sol par les chevilles. Tout est prévu: l’accusé s’assoit sur une vulgaire chaise en plastique blanc, «qui ne représente de danger ni pour lui ni pour les autres», selon le capitaine Waddingham qui est là pour faire les commentaires adéquats aux deux reporters. Le tout est solidement rivé au sol. La mobilité du détenu est réduite à zéro. Il porte des menottes aux mains. Son uniforme est blanc, ce qui signifie que son degré de dangerosité est le plus bas, selon le classement opéré par les militaires. Si le détenu est moyennement dangereux, sa combinaison est beige; les combinaisons orange sont réservées à ceux qui, malgré des années d’enfermement, résistent. Un prisonnier qui se conduit comme il faut a droit à une brosse à dents, un rouleau de papier hygiénique, du savon, du shampooing, des draps, des couvertures et même du linge de corps. Les rebelles se lavent les dents avec le doigt, ils ont droit à un morceau de papier hygiénique par jour et ils dorment sur des banquettes rigides. Quant à ceux qui ont tenté de se suicider, ils portent une sorte de camisole de force de couleur verte à même le corps. Dans toutes les cellules, mêmes les pires, une croix indique la direction de la Mecque. La capitaine qui joue le rôle du juge porte un chignon qui lui étire la peau du front, un uniforme superbement repassé, des lunettes qui lui dissimulent la moitié du visage. Elle a devant elle un dossier de plastique blanc où sont écrits tous les mots qu’elle va désormais prononcer. L’interprète du détenu en détient déjà la traduction en pachtoune. Pour les acteurs-militaires, rien n’est spontané, et pour le détenu tout ressemble tellement à un cauchemar qu’il se demande peut-être s’il est endormi ou éveillé. «Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité?», demande la capitaine au détenu, en anglais. L’interprète, un Afghan qui a un passeport des Etats-Unis et qui a été désigné par le gouvernement de ce pays, répète la même question, en pachtoune. L’accusé répond patiemment, à voix basse: «J’ai déjà juré deux fois, je peux jurer une fois de plus.» Depuis qu’il a été capturé par l’Armée nord-américaine en lutte contre le terrorisme, en Afghanistan, vers le milieu de l’année 2002, l’homme sans nom s’est déjà présenté deux fois devant ceux qui décident de sa liberté ou de son emprisonnement. Il faut croire que ces deux fois-là, il n’avait pas convaincu ses geôliers de son innocence. Il faut donc recommencer. «Alors, c’est oui ou c’est non?», s’impatiente un autre officier haut gradé. Le traducteur, d’un petit rire nerveux, transmet la question et y ajoute sans doute quelques fioritures et recommandations, car il parle bien plus longtemps que l’officier. Finalement c’est oui, il jure «par Allah». Question: «Apparteniez-vous à Al Qaeda, la bande terroriste d’Ossama Ben Laden?» Réponse: «Lorsque les talibans sont arrivés, nous avons fui au Pakistan.» «C’est oui ou non?» demande le militaire qui ne semble pas admettre d’autre réponse. L’interprète, inquiet, regard apeuré, rougit et prodigue à nouveau ses conseils à son «client». Résultat de sa médiation: «Non.» Pourquoi estimez-vous que vous ne constituez plus un danger pour le peuple des États-Unis?» Réponse: «Je le répète pour la troisième fois: je n’ai jamais prononcé un mot contre l’Amérique, je suis un ami de l’Amérique et des Américains», affirme-t-il mécaniquement. Le détenu qui ne sait ni de quoi il est accusé ni quelles preuves ont été retenues contre lui, qui n’a jamais eu d’avocat ni rencontré un juge (à Guantanamo, ils ne sont que dix à avoir un vrai procès ouvert), soutient quelques instants le regard de la journaliste. Il sait que s’il ne se montre pas convaincant aujourd’hui, il lui faudra attendre un an de plus pour que son cas soit révisé. Son regard cherche à gauche et à droite, mais il sait qu’il est seul. Personne n’est à ses côtés. Mis à part les deux reporters et l’interprète, il est le seul civil de la salle. Il a en face de lui sept militaires dont certains font des efforts louables pour ne pas s’endormir. Pas de témoins. Pas d’avocats. Ses yeux le disent: il est conscient d’être tombé dans ce trou noir qu’est Guantanamo peut-être pour toute la vie, où jusqu’à l’effondrement du nouvel ordre instauré par le président George W. Bush. «Je suis innocent», parvient-il à dire. «Je suis innocent». Et il cherche de nouveau le regard de qui peut raconter sa tragédie au-delà de ces murs. La capitaine au chignon le regarde. Et reprend la parole: «Cette cour décidera. La séance est levée. » Elle se lève et sort d’un pas martial. Mais quelle séance, s’il n’y pas de tribunal? Quelle cour, s’il n’y a pas de magistrats? Quelle condamnation, s’il n’y a pas de chef d’accusation? «Personne ne l’a cru», dit à son sergent le soldat aux gants verts qui détachera le prisonnier du sol et le conduira jusqu’à sa cellule lentement, c’est-à-dire à la vitesse que permet la courte chaîne qui relie ses chevilles. Ce que personne ne pourrait croire, c’est ce dont j’ai été témoin ce jeudi 18 octobre entre 13h et 14h27, dans une salle toute blanche de la base de Guantanamo, où on aurait dû afficher au-dessus de la porte « parodie de procès en cours». Le général Leacock parle: «Je vais vous donner le grand titre de votre article: il n’existe pas au monde de camp de détention plus transparent que celui de Guantanamo». Une transparence sans doute un peu particulière, puisque Zen Ulabedin Merozhev a dit à son interprète qu’il ne se voyait pas dans une glace depuis cinq ans. Faites un effort d’imagination: cinq ans sans voir votre visage dans une glace, cinq ans de réclusion dans un camp de détention situé à des milliers de kilomètres de chez vous, cinq ans sans le moindre droit. Rappelons ici que plus de huit cents personnes, dont des enfants, sont passées par les cellules de Guantanamo depuis que la base navale a été transformée en outil de la guerre contre le terrorisme, en 2002. Et qu’environ 430 y sont encore. Que sur ce total, dix seulement connaissent les chefs d’accusation retenus contre eux. Que les dénonciations de tortures physiques et psychologiques n’ont pas cessé. Que la Convention de Genève a été bafouée et pervertie: elle sert d’excuse aux militaires pour interdire les photographies! Il faut rappeler tout cela, parce que si le journaliste se contente de la petite virée touristique organisée par l’armée des États-Unis avec ses deux escales : la clinique dentaire et la bibliothèque avec des livres de Harry Potter en arabe, il risque de se croire dans une petite station balnéaire des Caraïbes. «Ils mentent!» crie un détenu. Le camp V, dernière nouveauté mise au point par les militaires des États-Unis: froid comme l’acier, aseptisé comme une morgue, imprenable comme une forteresse¼ le marine ne se lasse pas d’en vanter les mérites. «Capacité: cent prisonniers. Technologie de pointe. Une caméra par cellule. Construit exactement comme une prison de haute sécurité de l’Indiana.» Une vraie réussite! À peine avez-vous franchi la porte automatique qu’elle se referme sur vous, et vous avez la sensation d’être enterré vif. Je n’y suis restée que cinq minutes. Les fantômes qui y survivent dans des cellules de quatre mètres sur trois y sont depuis quatre ans. «Madame, vous ne pouvez pas marcher derrière moi», m’indique le soldat. «Vous ne pouvez photographier ni mes soldats ni le centre de contrôle de ma prison.» Ces possessifs font froid dans le dos. «Tenez, prenez donc en photo le fauteuil des interrogatoires: aussi commode que ceux que vous avez chez vous», lance-t-il aux journalistes qu’il introduit dans la salle. Aux pieds du fauteuil en question, il y a des menottes fixées à même le sol, pour les chevilles de l’accusé. C’est la première salle de ce couloir. Ensuite viennent les cellules. Lorsque la porte de la cellule se referme, la grille est scellée. Ceci pour éviter les désagréables «cocktails» préparés par les détenus à l’intention de leurs gardiens. À Camp Delta, où des barbelés les séparent de leurs geôliers, les prisonniers leurs lancent des «fluides corporels»: un mélange d’urine et d’excréments. Ce qu’on n’a pas encore construit à Guantanamo, c’est le mur qui étouffera les cris de désespoir. C’est le Ramadan, et l’heure de la prière. Un des prisonniers, ayant décelé la présence d’une journaliste, interrompt sa prière pour crier dans son anglais précaire: «Ils vous mentent!». (Tiré de El Pais) TORTURES ET HUMILIATIONS LEGALISEES, QUE FAIT LE MONDE???
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18 novembre 2006
« A Guantanamo, tout est fait pour condamner les prisonniers » ![]() Propos recueillis par Benoît Hervieu Traduction Zuzana Loubet del Bayle, Yanne Pouliquen et Laureen Martin Pour quelles raisons vous êtes-vous engagé en faveur des prisonniers de Guantanamo ? La première mesure de l’administration Bush, quand elle est arrivée au pouvoir en 2001, a été de créer, au nom de la loi, une prison où la légalité n'existe pas. J’étais choqué de voir qu’elle était capable de faire une chose pareille, c’était absolument insensé. Il était clair que cette prison allait poser plus de problèmes qu’elle ne pouvait en régler. A l’époque, les prisonniers n’avaient pas encore la possibilité d’entrer en contact avec des avocats. Mais je me suis dit qu'il fallait quand même se préoccuper des droits de ces gens. Quelle a été votre marge de manoeuvre sur place ? Je me suis rendu sur place quinze fois mais les militaires rendent ce voyage de plus en plus difficile. Cela émane sans doute d’une volonté d’ôter aux prisonniers tous leurs droits. C'est donc très dûr pour nous de les leur donner. Le travail des juristes consiste simplement à présenter les faits devant un tribunal et à dire comment les prisonniers sont traités. De dire la vérité, d'informer sur la situation. Grâce à la pression de l’opinion publique, plus de trois cents d’entre eux ont déjà été libérés. Vous avez été menacé de prison par les autorités militaires... Deux incidents se sont produits. Le premier s’est passé en août 2005. On m’avait accusé d’être responsable de la grève de la faim qui avait eu lieu à l’époque. Le deuxième incident a eu lieu il y a deux mois. On a essayé de faire dire à l’un de mes jeunes clients, âgé d’à peine 18 ans, que j’étais à l’origine des trois suicides survenus en 2006 et que j’avais encouragé les détenus à se suicider. Les prisonniers sont traités comme s’ils n’avaient plus d’espoir de vivre. C’est la vraie raison des dépressions et des suicides. Et il y en aura certainement d’autres si nous ne réagissons pas. Pourriez-vous nous rappeler les raisons de l'arrestation de Sami Al-Haj ? Il est difficile de connaître avec certitude les raisons de son arrestation parce que les Américains ne nous les donnent pas. Ils doivent penser que Sami était le caméraman d’Al-Jazira ayant participé à des interviews de Ben Laden. C’est faux et, si l'arrestation de Sami est basée sur ce motif, ils se sont trompés. Mais je pense que c’est la raison première de son arrestation. Ils ont avancé depuis lors toutes sortes d'explications toutes plus malhonnêtes les unes que les autres pour le maintenir en détention, mais Sami n’a, bien entendu, jamais eu droit à un quelconque procès. On a dit que son passeport aurait été volé, qu'il aurait participé à un site terroriste... Tout cela n'est pas crédible. Il n'a d'ailleurs jamais eu la possibilité répondre de ces allégations. L’administration Bush semble croire qu’Al-Jazira est à la solde d’Al Qaida, ce qui, à mon avis, est totalement infondé. C’est déplorable que l’administration Bush ait choisi de s'attaquer à ce qui est probablement un fleuron de la libre expression au Moyen-Orient. Quelles sont les conditions de détention de Sami Al-Haj aujourd'hui ? Sami est détenu à Guantanamo, mais pas dans les conditions les plus dures. La dernière fois que je l’ai vu, il était au Camp 5 mais j’ai peur qu’il soit très bientôt transféré au Camp 6, une unité de sécurité maximale. Car les militaires sont en train de placer tous les prisonniers en cellules individuelles. En détention, Sami est tombé malade. Il a eu de sérieux problèmes, des problèmes physiques. Il a besoin d’une opération du genou qui n’a pas eu lieu. En fait, le docteur de Guantanamo a dit qu’il était impossible de faire cette opération à Guantanamo, faute des équipements adéquats. Il risquerait d'être handicapé à vie. Il a eu aussi un cancer de la gorge, il y a plusieurs années ; il a été soigné et doit rester sous traitement médical pour éviter une rechute. Mais on lui a malheureusement refusé ce traitement depuis qu’il se trouve à Guantanamo. Que pouvez-vous faire contre la légalisation de la torture récemment entérinée par le Congrès américain ? Il est extrêmement difficile de croire que le MCA (Military Commission Act) [adopté le 28 septembre dernier par le Congrès] puisse être la solution à la situation dans laquelle nous nous trouvons depuis des années. Avec cette loi, l’administration Bush a essayé de supprimer tous leurs droits aux prisonniers de Guantanamo. Ils ne disposent donc plus d’aucun recours pour remettre en cause la légalité de leur détention. C'est une chose incroyable. Cela a été fait dans une optique purement politicienne, dans l’attente des élections de novembre. Mais lorsqu'une loi est votée, il est très difficile de s’en débarrasser. Nous sommes bloqués pour des années en attendant que la Cour Suprême ne la juge inconstitutionnelle. |
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