Un combattant islamiste blessé lundi par les forces de sécurité lors d'affrontements à Nouakchott est un "expert en explosifs", a indiqué mercredi à l'AFP une source sécuritaire ayant requis l'anonymat.
"C'est un expert en explosifs, il a été formé dans les maquis du GSPC algérien", a ajouté cette source. Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) s'est transformé en Branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Baqmi).
"Il est toujours maintenu par les médecins dans un coma profond pour le sauver", a affirmé cette source.
Selon ce responsable, il s'agit d'un Mauritanien, "fort probablement un certain Abou Mouadh, un des salafistes acquittés par la justice en 2007 et ancien élève du Lycée technique de Nouakchott, converti en artificier". Le combattant islamiste tué serait également Mauritanien, selon ce responsable.
Selon un bilan officiel, les affrontements de lundi soir en périphérie nord de la capitale ont fait deux morts, un policier et un combattant islamiste, et neuf blessés. Un policier gravement blessé a été évacué sur Dakar mais ses "jours ne sont pas en danger", selon cette source sécuritaire.
Trois islamistes ont réussi à s'enfuir, dont Sidi Ould Sidna, un des tueurs présumés des quatre touristes français le 24 décembre dans le sud de la Mauritanie. Arrêté le 11 janvier en Guinée-Bissau, il avait été inculpé et écroué avant de s'évader du Palais de justice de Nouakchott le 2 avril.
Mardi soir, le parquet a mis "en garde contre toute forme d'assistance ou d'hébergement" à ce fugitif qui "a regagné une bande de terroristes armés toujours en fuite mais activement recherchée". Une récompense de 13.000 euros a été promis à quiconque permettrait leur arrestation.
La télévision nationale a de son côté annoncé qu'elle allait très prochainement diffuser les photos des trois fugitifs qui, selon des sources judiciaires, sont désormais identifiés grâce notamment à l'examen de leurs empreintes digitales.
Pays en grande partie désertique, la Mauritanie a été la cible, entre fin décembre et début février, de trois attaques de la mouvance d'Al-Qaïda qui ont fait sept morts (quatre touristes français et trois militaires mauritaniens) et provoqué l'annulation du rallye Dakar 2008.