Maroc:Abus contre 360 détenus
AFP, 27 novembre 2007
Maroc : Des ONG dénoncent des abus contre 360 détenus islamistes à la prison de Salé
Huit ONG marocaines des droits de l’Homme ont dénoncé, mardi 27 octobre 2007, des abus commis contre 360 détenus islamistes incarcérés à Salé, près de Rabat, et appelé à une amélioration urgente de leurs conditions de vie, lors d’une conférence de presse.
Le nombre des détenus islamistes soupçonnés de terrorisme est estimé à environ 800 personnes réparties dans une dizaine de prisons. Sur invitation du ministère de la Justice ces ONG, dont l’Association, l’Organisation et la Ligue des droits de l’Homme (AMDH, OMDH, LMDH), le FVJ (Forum vérité et justice) et l’OMP (Observatoire marocain des prisons) ont effectué, le 23 octobre, une visite à la prison de Salé, alors que les détenus islamistes étaient en grève de la faim.
Les huit ONG ont conclu, dans un rapport présenté lors d’une conférence de presse, mardi 27 novembre 2007, à Rabat, qu’"il y avait des cas de torture" et d’autres "abus commis par les fonctionnaires de la prison à l’encontre des détenus". Elle ont relevé "l’entassement, une alimentation et un encadrement sanitaire déficients, et une tranche de temps insuffisante pour les "promenades". Les ONG ont noté "la présence d’agents de sécurité qui ne relèvent pas de l’administration pénitentiaire dans la prison de Salé". Les huit ONG ont recommandé d’"exclure la violence et la coercition" et de recourir au dialogue pour mettre un terme aux grèves de la faim des détenus. Elles ont également appelé à "l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les accusations de torture et de mauvais traitements" ainsi qu’à "l’examen des cas nécessitant une grâce ou une libération conditionnelle".
Le ministère de la Justice, après avoir pris connaissance des recommandations des huit ONG, en a accepté la plupart, a assuré Abderrahim Jamaï, président de l’OMP. "Nous avons constaté, lors d’une rencontre avec le secrétaire général du ministère, lundi 26 novembre 2007, à Rabat, une prédisposition à la coopération pour améliorer les conditions de vie des détenus", a ajouté M. Jamaï. "Le ministère n’est pas non plus hostile à la mise sur pied d’une institution indépendante qui se chargerait du suivi de la situation dans les prisons", a-t-il affirmé.
Contacté, mardi 27 novembre 2007, par l’AFP, Abderahim Mouhtad, président d’Ennassir (association de soutien aux prisonniers islamistes) a jugé "positif" le travail des huit ONG et formulé le souhait que la création d’une institution de suivi puisse se concrétiser.
Agence France Presse
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