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Maroc: des parents d'islamistes en grève de la faim reçus par les autorités RABAT - Des parents de détenus islamistes à Kenitra, en grève de la faim depuis neuf jours, ont demandé jeudi au Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) et au ministère de la Justice le transfert de leur mari ou fils vers des prisons proches de leur domicile, a-t-on appris auprès des familles. L'un de ces 36 grévistes de la faim de Kenitra, Abdelhak Mouhine, condamné à perpétuité, a été transféré jeudi matin à l'hôpital dans un état grave, selon Abderrahim Mahtade, président d'Annassir, une association de soutien aux prisonniers islamistes. "Les 36 détenus ne s'alimentent plus depuis le 16 juillet et sont décidés à aller jusqu'au bout. Notre démarche vise à informer les autorités sur leur sort pour qu'elles ne puissent pas, en cas de malheur, prétendre qu'elles ne savaient pas", a-t-il affirmé à l'AFP. Une délégation a été reçue au CCDH par le responsable de l'unité chargée de la protection et des violations des droits de l'homme qui a promis de transmettre le dossier au Conseil, selon une des participantes. Par la suite, M. Mahtade a eu un entretien avec le secrétaire général du ministère de la Justice Mohamed Lididi. "Il a promis d'étudier cette question des transferts et nous attendons sa réponse", a déclaré à l'AFP le président d'Annassir. Après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, cinq attaques-suicides quasi-simultanées qui avaient fait 45 morts, dont 12 kamikazes, et des dizaines de blessés, plus de 2.000 islamistes avaient été arrêtés, dont 1.087 condamnés à différentes peines, 56 à la prison à perpétuité et 17 à la peine de mort, selon des chiffres officiels. Les 800 détenus islamistes du Maroc achevaient jeudi une grève de la faim de 48 heures, en solidarité avec les 36 prisonniers de Kenitra. Jeudi, une vingtaine de parents des grévistes de la faim, originaires de Casablanca et de Meknès, en grande majorité des femmes, étaient venus jeudi dans la capitale. Elles étaient pour la plupart vêtues d'une djellaba, coiffées d'un simple foulard, et deux seulement portaient la tenue islamique stricte qui couvre entièrement le visage. "Je ne rends visite à mon mari qu'une fois tous les deux mois car l'autobus et les taxis à partir de Cabablanca me coûtent 100 dirhams (9 euros)", a expliqué Noura Khoudir, la femme de Rahim Abdelhak, 32 ans, condamné à la prison à vie après les attentats de mai 2003. "La vie est déjà très dure sans mari pour nous soutenir, nous demandons seulement aux autorités de nous la faciliter un peu", a expliqué la mère de Belreki Taha, condamné à perpétuité à l'âge de 19 ans et qui marche avec des béquilles car il a reçu, selon sa mère, 7 balles dans les jambes lors de son arrestation en mai 2003. "Bien sur que le transfert n'est qu'un peu d'aspirine pour soigner une plaie beaucoup plus grave, mais au moins cela soulage", a confié de son côté Fatiha Mohamed Taher Hassani, qui a épousé il y a un an Omar Marouf, 42 ans, condamné à mort. Cette femme, qui porte le hijab, avait été auparavant l'épouse de l'islamiste marocain Abdelkrim Mejjati, tué en avril 2005 lors d'affrontements avec les forces de l'ordre saoudiennes à Ryad. (©AFP / 26 juillet 2007 17h35)
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