Pakistan: Musharraf promet un combat "frontal" aux fondamentalistes
Le président du Pakistan Pervez Musharraf a promis mercredi qu'il allait mener un "combat frontal" face aux militants fondamentalistes proches des talibans responsables des attentats et des attaques qui endeuillent le pays depuis cinq jours.
Il a également exclut l'idée d'imposer l'état d'urgence dans le pays et promis que les élections législatives, qui doivent se tenir à la fin de l'année ou début 2008, auront lieu selon le calendrier prévu.
"Nous sommes dans un combat frontal direct avec les forces extrémistes, c'est désormais les modérés contre les extrémistes", a déclaré à l'AFP un haut responsable du gouvernement en citant le général Musharraf qui venait de rencontrer les journalistes des médias pakistanais.
"Nous devons nous attaquer à la source, là où ceux qui commettent des attentats-suicide trouvent leurs racines", a expliqué le chef de l'état aux journalistes locaux, selon la même source. "Nous avons une bonne idée de qui est derrière tout cela (...), nous devons nous attaquer à ceux qui organisent" ces attentats, a ajouté le général Musharraf, tout en excluant l'idée d'imposer l'état d'urgence ou de suspendre le processus des élections prévues pour la fin de l'année ou le début 2008.
Washington multiplie ces derniers jours les déclarations pressant le Pakistan, l'un de ses alliés les plus importants dans sa "guerre contre le terrorisme" islamiste, de lancer une offensive massive dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, où les Américains assurent que les talibans afghans et les combattants d'Al-Qaïda sont en train de reconstituer leurs forces, soutenus par des fondamentalistes pakistanais.
Ces derniers ont lancé ces cinq derniers jours une série d'attentats-suicide et d'attaques contre les forces de sécurité pakistanaises dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, qui ont fait au moins 91 morts, principalement des soldats et des policiers.
Les attaques ont été perpétrées après que certains de leurs leaders, mais aussi le numéro 2 d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, eurent appelé à venger l'assaut meurtrier, il y a une semaine, de l'armée pakistanaise contre la Mosquée rouge d'Islamabad, où s'étaient retranchés des centaines de militants fondamentalistes.
Mardi soir également, un attentat-suicide a tué au moins 15 personnes en plein coeur de la capitale pakistanaise Islamabad, dans un meeting de l'opposition au chef de l'Etat, le général Pervez Musharraf, sans que l'on puisse encore dire si cet attaque entre ou non dans le cadre des actes de vengeance après l'assaut de la Mosquée rouge, au cours duquel au moins 75 militants fondamentalistes ont péri.
Jusqu'alors, les Etats-Unis, mais aussi le gouvernement afghan, ont reproché au général Musharraf de ne pas lutter assez franchement contre les militants fondamentalistes dans son pays, l'accusant même à demi-mots de fermer les yeux sur le regroupement des talibans afghans et des combattants d'Al-Qaïda dans les zones frontalières avec l'Afghanistan.
"Il n'y aura pas d'état d'urgence", a assuré M. Musharraf au cours de sa rencontre avec les journalistes pakistanais. "Les élections se dérouleront au moment prévu", a-t-il promis pour faire taire les rumeurs persistantes d'instauration de l'état d'urgence et la remise en cause du calendrier électoral.