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Envoyé par Abou-Jihad
es islamistes somaliens reçoivent des armes provenant notamment d'Iran et de Syrie, tandis que le gouvernement somalien est aidé militairement par l'Ethiopie et le Yémen entre autres, en violation de l'embargo sur les livraisons d'armes à la Somalie, selon un rapport de l'ONU obtenu mercredi.
Le rapport de 80 pages, qui doit être présenté cette semaine au Conseil de sécurité de l'ONU, décrit en détail "l'afflux endémique d'armes" dans les deux camps, en violation de l'embargo de l'ONU décrété en 1992.
Les islamistes sont soutenus par Djibouti, l'Egypte, l'Erythrée, l'Iran, la Libye, l'Arabie saoudite, la Syrie, la milice chiite libanaise Hezbollah, tandis que le gouvernement somalien recçoit l'appui militaire de l'Ethiopie, de l'Ouganda et du Yémen.
Selon le rapport, dont l'AFP a obtenu une copie, la situation, "exacerbée comme jamais", contient "tous les ingrédients d'une possibilité croissante de conflit violent, généralisé, militaire, très long dans la plupart de la Somalie".
"De plus, il y a la possibilité qu'il déborde en un conflit direct entre l'Ethiopie et l'Erythrée, ainsi qu'en actes de terrorisme dans d'autres pays vulnérables de la région", prévient le document, révélé par les quotidiens Le Monde et le Financial Times.
Selon le rapport, l'Ethiopie et l'Erythrée ont des milliers de militaires en Somalie. Les deux pays ont démenti y avoir des troupes.
La plupart des pays cités ont nié les affirmations, selon le document de l'ONU.
Cependant le rapport donne des informations très précises sur les armes fournies, dont des missiles sol-air, la date et le lieu où elles ont été livrées, notamment une donation aux islamistes d'un million de dollars de la Libye et la création d'une relation de réciprocité entre le Hezbollah et les islamistes.
"Des avions cargo gros porteurs et des dhows (bateau traditionnel à voile) ont clandestinement approvisionné en armes et d'autres formes d'aide militaire (véhicules)" les deux camps "sur une base quotidienne", explique le document avant de détailler ces livraisons pays par pays.
Le rapport couvre la période de mai à octobre, pendant laquelle les islamistes ont pris le contrôle de Mogadiscio après des combats meurtriers contre une alliance de chefs de guerre soutenus par les Etats-Unis.
Le 15 mars, le Conseil de sécurité des Nations unies avait déjà condamné l'afflux croissant d'armes en Somalie et exprimé sa préoccupation devant la situation humanitaire dans le pays.
La Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique, est en guerre civile depuis 1991. Les institutions de transition, mises en place en 2004, s'avèrent incapables de rétablir l'ordre devant la montée en puissance depuis 2006 des islamistes, qui contrôlent une grande partie du centre et du sud du pays, dont la capitale.
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assalamou alaykoum
Les islamistes somaliens dénoncent un rapport ""falsifié"" à l'Onu
MOGADISCIO (REUTERS) - Le chef des islamistes au pouvoir à Mogadiscio, le cheikh Hassan Dahir Aweys, a dénoncé mercredi un rapport soumis à l'Onu qui met en cause une nébuleuse de pays et de groupes armés dans le conflit somalien.
Digne d'un véritable roman d'espionnage, le rapport de 80 pages qui sera examiné vendredi par le Conseil de sécurité, décrit avec minutie l'ensemble des ingérences étrangères en Somalie depuis juin.
Le document, réalisé par quatre experts, affirme que sept pays musulmans riverains de la mer Rouge fournissent des armes et du matériel militaire aux milices islamistes tandis que trois autres Etats soutiennent le fragile gouvernement provisoire qui siège à Baïdoa.
""C'est pour une grosse part fabriqué de toutes pièces et ça manque de crédibilité"", a déclaré à Reuters le chef de l'Union des tribunaux islamiques (UTI), qui figure lui-même sur une liste de l'Onu comme lié à Al Qaïda.
""Les Nations unies perdront leur crédibilité en publiant ce genre de rapport et en recourant à pareils moyens pour réunir des informations"", a-t-il dit du document, dont Reuters a pu obtenir une copie avant son examen vendredi au Conseil de sécurité.
Le rapport souligne en particulier l'implication de l'Ethiopie et de l'Erythrée, les premiers à violer l'embargo sur les livraisons d'armes à la Somalie imposé en 1992 par les Nations unies.
""Nous savons que ces allégations viennent de Washington. Les Nations unies ne sont qu'une couverture. Il s'agit d'affirmations purement diffamatoires"", a assuré mardi le ministre érythréen de l'Information, Ali Abdou.
L'Erythrée accuse les Nations unies de servir les intérêts de Washington dans le but de fournir un prétexte à l'Ethiopie pour envahir la Somalie.
Selon le rapport, les islamistes bénéficieraient également du soutien de Djibouti, de la Libye et de l'Egypte par l'entremise de l'Erythrée ainsi que de l'aide de la Syrie et de l'Iran.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé que ce rapport avait été ""fabriqué par des puissances qui exacerbent la guerre et le bain de sang en Somalie en y envoyant des armes"", mais il n'a pas cité les pays incriminés.
Le gouvernement provisoire somalien, selon le rapport, serait notamment soutenu par l'Ouganda, qui lui aurait envoyé du matériel militaire et une centaine de soldats. Les autorités ougandaises ont démenti ces informations.
L'Ethiopie n'a pas fait de commentaires sur les informations contenues dans le rapport, qui affirme notamment que 3.300 soldats éthiopiens sont entrés en Somalie depuis juin.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a invité mercredi les pays de la région à ne pas s'ingérer dans les affaires somaliennes.
Publié le: 15/11/2006 à 18:43:34 GMT Source : Reuters