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Vieux 26/11/2007, 01h49
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Par défaut Tunisie: un ex-détenu de Guantanamo condamné à 7 ans de prison

Associated Press, le 14 novembre 2007 à 18h28
TUNIS (AP) -- Abdallah Ben Amor Hajji, un ancien détenu tunisien à Guantanamo, a été condamné mercredi à sept ans de prison pour "appartenance en temps de paix à une organisation terroriste opérant à l'étranger", en l'occurrence un groupuscule dénommé "Front islamique tunisien", selon le ministère de la Justice. L'un des avocats de la défense, Me Abderraouf Ayadi, avait fait état d'une peine de cinq ans dans un premier temps. L'autre conseil, Me Samir Ben Amor, a déclaré par téléphone à l'Associated Press qu'il allait se pourvoir en cassation, la législation régissant le tribunal militaire ne prévoyant pas de recours en
appel. Abdallah Hajji, récemment rapatrié dans son pays, était rejugé par le tribunal militaire de Tunis car il avait fait opposition à une condamnation par contumace à dix ans de prison prononcée par cette
même juridiction en 1995. C'était la troisième fois que le prévenu comparaissait devant ce tribunal depuis l'ouverture de son procès le 26 septembre dernier. Abdallah Ben Amor Hajji avait été arrêté en 2002 au Pakistan où il résidait depuis 1991 avec son épouse et leurs huit enfants, ainsi que son gendre encore détenu dans le camp-prison de Guantanamo. Il avait été rapatrié en juin dernier après cinq ans de détention sur
la base américaine à Cuba.
L'audience de mercredi s'est déroulée en présence de deux diplomates de l'ambassade des Etats-Unis, d'un responsable de l'organisation humanitaire "Reprieve" basée à Londres, qui défend les détenus de Guantanamo, Zachary Katznelson, de journalistes représentant la presse internationale et nationale, et des membres de la famille de l'accusé. Se fondant sur les témoignages d'autres prévenus, l'acte
d'accusation attribue à Abdallah Hajji la responsabilité des programmes militaires du "Front islamique" qui serait "la branche secrète" du mouvement islamiste tunisien interdit "Ennahdha". L'homme était accusé d'avoir préparé des attentats en Tunisie pour "changer le régime par la violence" et lui substituer "un Etat fondamentaliste". L'ancien pensionnaire de Guantanamo aurait par ailleurs rencontré à plusieurs reprises au Soudan le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, pour lui demander l'assistance de son organisation au Front islamique tunisien. Mais l'ex-détenu nie appartenir à une quelconque organisation terroriste ou avoir
rencontré Ben Laden.
Abdallah Hajji affirme par ailleurs avoir subi des "sévices" à Guantanamo ainsi que des "mauvais traitements et harcèlements" pendant son incarcération en Tunisie. Selon lui, les "aveux" contenus dans les procès-verbaux du dossier ont été obtenus sous la contrainte. Les deux avocats de la défense ont plaidé le non-lieu. "Outre le fait que le dossier est vide et ne contient aucune preuve étayant les accusations, on ne demandait que l'application de la loi", a déclaré Me Ben Amor à l'AP, en rappelant que le délai de prescription de dix ans de dix ans était dépassé. Il avait affirmé dans sa plaidoirie avoir "consulté les listes des organisations classées terroristes par les Nations Unies, l'Union européenne et autres: le Front islamique tunisien n'existe nulle part".

Associated Press
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