Samina Malik, une jeune «poète» de 23 ans, est devenue hier la première femme jamais condamnée selon les nouvelles lois antiterroristes britanniques.
Son crime? Posséder une «bibliothèque de documents» pouvant servir à préparer ou commettre des actes terroristes.
La police a notamment trouvé Le guide des terroristes, Le manuel d'Al-Qaeda et Le guide des armes à feu et des grenades propulsées par fusée sur le disque dur de son ordinateur. La déclaration de guerre de ben Laden figurait également parmi ses livres de chevet.
Si elle a été condamnée pour ses choix de lecture, ce sont surtout ses écrits qui ont fait parler en Grande-Bretagne. Autoproclamée «la terroriste lyrique», Samina Malik avait un sens du lyrisme bien différent de celui de Nelligan.
Ses poèmes - qu'elle diffusait sur des sites Internet extrémistes - pouvaient s'intituler Comment décapiter ou Les martyrs vivants.
Jusqu'à son arrestation en octobre 2006, la jeune femme travaillait dans une librairie de l'aéroport Heathrow. Sur un ticket de caisse de l'établissement, elle avait d'ailleurs gribouillé son désir de devenir une martyre. «Le besoin augmente seconde par seconde», avait-elle écrit.
Vêtue d'une veste de jean et couverte d'un hijab, Salima Malik a éclaté en sanglots lorsque 10 des 11 jurés l'ont reconnue coupable hier.
Lors du procès, elle avait clamé son innocence. Elle soutenait avoir pris le surnom de «terroriste lyrique» parce qu'il était «cool».
Son avocat, John Burton, l'avait présentée comme «une jeune fille idiote» qui cherchait seulement à obtenir de la notoriété. Reconnaissant qu'elle faisait une terroriste «improbable», le procureur de la Couronne, Jonathan Sharp, l'avait tout de même dépeinte comme «une extrémiste islamiste engagée, qui soutient le terrorisme et les terroristes». «Elle détenait une bibliothèque de documents qu'elle avait collectés à des fins terroristes. Cette collection aurait été extrêmement utile à quelqu'un préparant un acte terroriste», a-t-il souligné durant le procès.
Elle avait également «tenté de donner de l'argent à un groupe terroriste», a rappelé hier Peter Clarke, responsable de la lutte antiterroriste à Scotland Yard.
Bien de son époque, la jeune femme avait fait part de ses «intérêts» sur Hi-5, un site de réseautage similaire à Facebook ou MySpace. Elle y indiquait aussi que ses émissions de télévision favorites comprenaient «les vidéos de mes frères musulmans en Irak (), ceux de décapitations» et «les messages vidéos de ben Laden».
Hier, le juge Peter Beaumont l'a assignée à résidence en attendant de rendre sa sentence le 6 décembre, précisant que «tout restait possible pour la condamnation».