MADRID - Le procès d'un groupe d'islamistes, inspirés par Al-Qaïda et accusés d'avoir préparé un attentat contre le palais de justice de Madrid, a débuté lundi dans la capitale espagnole.
Le principal prévenu, Abderrahman Tahiri, alias "Mohamed Achraf" est accusé par le parquet espagnol de "conspiration pour commettre des attentats" et d'"appartenance à une organisation terroriste".
L'accusation réclame contre lui 46 ans de prison, peine limitée dans la pratique à 40 ans en Espagne pour les délits liés au terrorisme.
Le parquet affirme que cet islamiste radical "s'est institué chef de groupe dans le cadre du salafisme jihadiste prêché par le chef d'Al-Qaïda", Oussama ben Laden.
Mohamed Achraf a tenté, à partir de 2000, de mettre sur pied quatre groupes, baptisés "Martyres pour le Maroc", avec pour objectif de commettre des attentats, recrutant des radicaux dont certains se trouvaient en prison, d'après l'accusation.
Selon les conclusions du procureur Pedro Rubina, l'un des projets était de commettre un attentat d'envergure à Madrid, contre l'Audience nationale (principale instance pénale espagnole chargée des dossiers de terrorisme) ou le tribunal suprême, la gare Principe Pio ou encore le siège du parti conservateur Parti Populaire (PP) alors au pouvoir en Espagne.
Le parquet estime que le projet contre l'Audience nationale était le plus avancé : l'objectif était de lancer à toute allure un camion chargé de 500 kilos d'explosifs contre l'enceinte judiciaire. Toutefois, l'explosif n'avait pas encore été acquis.
Figurent également en première ligne sur les bancs des accusés, l'Algérien Abdelkrim Benesmail et Kamara Birahima, cette dernier ayant été chargé d'acquérir les explosifs selon l'accusation.
Le premier à répondre aux questions du tribunal a été Mohamed Boukiri accusé de "conspiration" et "appartenance" à un groupe terroriste. Il risque 27 ans de prison.
Cet accusé de nationalité algérienne, a assuré qu'il n'avait rien à voir avec le chef supposé du réseau, Mohamed Achraf, qu'il ne connaissait aucun des coaccusés et qu'il n'était qu'un "junky" sans rapport avec le radicalisme islamiste.
Les projets de ce réseau avait été découverts à la suite de "l'opération nova" dirigée en octobre et novembre 2004 par le juge de l'Audience nationale Baltasar Garzon, pendant laquelle 35 personnes avaient été interpellées.
Ce coup de filet avait été réalisé quelques mois après les attentats du 11 mars 2004 à Madrid, revendiqués au nom d'Al-Qaïda, et qui avaient fait 191 morts.
Le procès des 28 accusés de ces attentats sanglants, s'est déroulé au premier semestre 2007 et le verdict est attendu pour le 31 octobre.
Le procès de "l'opération nova" a lieu au siège de l'Audience nationale à Madrid et devrait durer plusieurs mois, avec l'audition de 65 témoins et de 26 experts. Les 30 accusés risquent une peine cumulée de 464 ans de prison.
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